Dessin « dal vero » San Giovannino

Dessin étude de main

22 novembre 2019 Il parait que ça se fait de moins en moins d’aller dessiner dans les musées, mais j’ai toujours été à contre courant 👻 Pas dès l’ouverture mais presque et en basse saison il n’y a pas grand monde, vers 11h la foule les groupes les scolaires sont arrivés et c’est devenu difficile, en plus les gamins venaient regarder la dame qui dessine au lieu d’écouter leur prof 🤨😂 J’avais déjà travaillé un bon moment et surtout bien mal à mes fesses gelées donc Ciao. J’ai emporté avec moi un peu de ce San Giovanni Battista 🥰💚😍 di Desiderio da Settignano (et Donatello) et je devrai y retourner pour pour mieux finir les ombres. Ce modèle est très difficile à saisir car il a une position en déhanché cachée par la peau de bête alors le dessiner et lui garder sa posture et son équilibre est un vrai défi, quand à la finesse infinie des traits et la douceur du marbre c’est quasi impossible à saisir avec un crayon … même avec deux crayons!

6 décembre 2019 De retour auprès de San Giovannino de Desiderio da Settignano pour un travail sur la main. J’ai du mal à faire les mains en général donc quoi de mieux que de m’imposer un modèle beau fin délicat et difficile. Maintenant que je regarde la photo, je vois clairement ce qui m’était si difficile à percevoir dans la lumière étouffée et intime de la pièce. Les ombres et la contre lumière en photo sont bien plus évidentes qu’en réel, d’où l’importance de dessiner un maximum « dal vero ». Aujourd’hui je n’étais pas seule au Bargello, nous étions quatre de la même classe de sculpture à croquer sur place, la contagion s’installe et c’est très bon signe!

Pour info: San Giovannino de Desiderio da Settignano est également attribué à Donatello. Le maître l’aurait commencé vers 1440 puis délaissé des années jusqu’à son retour à Florence quand il aurait chargé son élève de le terminer vers 1459. L’élève qui aurait dû assurer la relève mourut malheureusement avant le maître, laissant peu d’œuvres mais avec un trait commun d’excellence encore inégalé.

Dessin « Dal vero » étude de sculpture

Modèles en pièces détachées

Premier cours de dessin « dal vero » depuis … 6 lustres! Nos modèles en plâtres sont des copies d’originaux, pour certains même d’époque de l’original tellement ils sont vieux. La pietà est en miettes et injurieusement couverte de graffiti. Je suis étonnée que le cours de « formatura » qui enseigne l’utilisation de moulages ne serve pas plus que ça à reboucher les manques, question à poser au prof: peut on dans le cadre de notre programme refaire les pièces manquantes? » En attendant le miracle, cela permet de s’exercer tranquillement, et j’ai commencé avec un cas en vrille: le David de Donatello dans une version sans zizi 🙁 et sans bras droit 🙁 J’aurais dû franchement commencer par un modèle en tête uniquement car celui là a un déhanché  particulièrement difficile à saisir. Quatre heures dont deux et demie à gommer 😰 J’espère faire mieux le prochain.

Exercice de style avec une méduse parisienne

Ce dessin trône au dessus de mon bureau depuis des années et est à l’origine du choix de mon pseudo, car la Méduse pétrifie du regard comme l’argile durcit dans un parallèle séduisant. Bien que la gorgone tue pour créer ses statues macabres alors que le sculpteur au contraire tente de donner un peu de son âme à l’argile qu’il fait durcir, j’aime la comparaison. J’avais oublié de noter le nom de l’auteur de cette sculpture et force de chercher j’ai fini par retrouver l’original sur le site des musées de la ville de Paris, ce qui m’a donné envie de relever le défi d’en faire une version d’argile. Alors c’est un original de Herni Pernan qui date de 1653 et qui était sur les portes de l’ancien hôtel de ville de Paris celui qui a brûlé lors de la Commune en 1882. C’est difficile de créer un relief à partir de photos, et j’ai mis plusieurs heures avant de commencer à y croire. Ma version est sensiblement plus basse que l’original pour 4cm d’épaisseur contre 13cm pour le vrai, donc les ombres seront forcément différentes sans compter que les traits ne sont pas identiques, mais les dimensions du contour sont presque pareilles. Bien évidement, j’aimerais bien le cuire pour protéger cette figure des effets du temps car l’argile naturelle crue c’est très fragile. J’ai appelé cela « exercice de style » car je n’avais jamais fait de haut-relief auparavant, même pas dans d’autres matières puisque la plupart de mes autres sculptures sont en relief complet puis collées ou fixées sur des supports parfois plats, à la différence travailler directement sur le support dans une seule et même matière implique des contraintes que je n’imaginais pas, un exercice de style très intéressant à faire.

Exercice en argile, haut relief, à partir de la photo de l’original et d’un dessin à partir d’une copie en plâtre. Italie 2019. (haut-relief = bas relief avec une dimension 3D en plus)
Dessin à partir d’une copie en plâtre, 50x70cm, Paris 1991.
dernière retouche …