Manifesto

Projetée pendant le lockdown COVID19 pour le cours de sculpture online, cette figure est la manifestation de l’état de mon âme quand je ne peux ni faire ni aller ni décider.
L’absence de membre et de la tête laisse suggère une ruine retrouvée partielle dans un chantier archéologique, comme si nos libertés y étaient enfouies le temps du passage de virus qui aurait eu l’effet d’une tornade dévastatrice. Les fissures dans la terre de ce corps signent la fragilité de nos libertés la fragilité de la vie même:
« rendre visible la blessure intérieure de l’âme ».
Le vide intérieur fait place au souffle d’espérance qui nous anime.
Dans ce projet je fais référence aux manifestants qui écrivent le slogan sur leur propre corps pour attirer l’attention, les blessures les cassures de la sculptures représentent dans ce cas les coups portés ou la censure.
Une autre référence est celle à la Venus de Milo, dont je reprends la posture dans une forme libérée et plus charnelle. Le message dans cette ressemblance est celui de l’image que l’on nous impose comme modèle, image cassée brisée fendue car ce qui compte c’est ce qu’il y a à l’intérieur et nous ne sommes décidément pas faites toutes dans le même moule.
Mon cri à travers ce manifeste est limpide, il devait juste prendre forme. J’ai donc présenté ce projet dessiné avec le « bozzetto » pour les examens de passage avec les relations des précédentes sculptures que vous avez pu voir ici au cours du premier semestre et qui sont publiés dans cette rubrique de blog dédiée à l’Accademia.
Dans cet article j’ai publié plusieurs croquis de base jusqu’au dessin complet du concept et les photos de la réalisation du modèle en argile. La sculpture de taille humaine n’est pas faite et l’idée demeure sous forme de « bozzetto » c’est à dire de projet dont la partie en argile est à cuire pour ne pas la perdre. En début d’année j’avais commencé à projeter une version de l’albatros dont le « bozzetto » est fait, projet remplacé par celui ci plus urgent à explorer, plus necessaire.
À l’approche de la rentrée alors que nous pouvons enfin espérer retrouver les atelier et relever de nouveaux défis j’ai une pensée pour ceux qui n’ont pas eu autant de chance et je continue mon chemin.

essai solitaire

Giro a Firenze Museo Opera del Duomo

(c) Mienville

Juste une sélection parmi des merveilles, car ce musée qui contient les originaux des œuvres du Duomo est vraiment très riche. En particulier les sculptures faites pour les niches extérieures de la cathédrale sont réunies et on peut admirer des œuvres de Donatello de bien plus près que les copies aux emplacements publics. Par exemple Abacuc paraît minuscule en extérieur et bien plus visible dans le musée, cependant puisque les œuvres sont descendues de leur piédestal originel j’aurais aimé pouvoir tourner autour et les admirer à hauteur d’homme, d’égal à égal, pour en recueillir davantage d’information pour satisfaire mon regard curieux mais aussi pour sentir davantage l’humanité qui se dégage de ces œuvres magistrales. La Pietà de Michelangelo est en restauration mais on peut la voir quand même et j’avoue avoir hâte de savoir quand ce sera fini pour revenir rien que pour elle. Dans ma sélection d’images il y a un bas relief de Pisano qui représente l’art de la sculpture donc une sculpture qui sculpte une sculpture comme un abysse dans mon regard d’apprentie, et un de Della Robbia qui représente la dialectique soit Aristote et Platon qui discutent. Ces deux bas-reliefs me rappellent l’accademia, où l’on apprend à sculpter et ou l’on discute entre nous et avec nos maîtres. Ce à quoi on pense devant certaines œuvres nous appartient, c’est une relation intime, et ces pensées et émotions sont bien plus puissantes que les images.
Images (c) Mienville

(c) Mienville
Michelangelo PIetà 1547-55 circa
Andrea Pisano, Fidia, la scultura 1348-50
Luca della Robbia, Platone e Aristotele, dialettica 1437-39
Donatello, la Maddalena circa 1450, in fondo la pietà di Michelangelo.
Donatello, Abacuc detto lo zuccone 1434-36

Giro al Pitti, Firenze

Encore une belle journée. Avant la rentrée et avant d’être débordée je profite du beau temps pour découvrir ce que je devais visiter le semestre précédent. L’effet surréaliste des masques est atténué, c’est moche mais au moins on vit. Je transpire dans le mien, traverser la ville depuis la gare par le Ponte Vecchio puis monter les marches du musée dans l’immense palais Pitti, c’est du sport. Les gens, finalement présents et aux langages variés, avec leurs masques ne choquent plus dans le décor, on s’habitue à cette forme de vie au provisoire qui dure. Puis devant les collections le reste n’a plus d’importance, Canova Ciseri Boldini Fattori Rosso Raffaello et marbres antiques nous remplissent l’esprit et je dois m’asseoir un peu devant certaines pièces qui méritent l’instant de vie que je leur dédie, c’est trop beau. Pendant que je suis assise devant un Raffaello, je vois passer des couples qui déambulent sans même regarder les merveilles sur les murs, ils semblent éblouis par l’or des moulures et des cadres plus que par les œuvres elles mêmes. Dans le fond je les comprends, la profusion d’oeuvres a quelque chose d’enivrant et on marche entre ces murs comme on danse sur une valse, le plus important pour eux est d’y valser ensemble. Moi je ne sais plus, je sors de là étourdie et je me demande si c’est vrai ce que j’ai vu ou si je l’ai rêvé, je repars par le Ponte Vecchio un regard Piazza della Signoria un autre sur le Duomo et je trace vers la gare, je reviens bientôt …

raffaello sanzio madonna della seggiola
Canova, Venere
Ciseri Ecce Uomo
Ottavio Vannini, il Magnifico incontra Michelangelo che gli mostra la testa di un fauno, 1638-1642. Affresco. Firenze, Palazzo Pitti
Canova e il corso
Menardo Rossi, ragazza che ride
Alimondo Ciampi
Giovani Boldini
Vittorio Matteo Corcos
Palazzo Pitti, Firenze
Cortile Palazzo Pitti e giardino Boboli
Grotta del Buontalenti, giardino Boboli del Palazzo Pitti, Firenze.
Città di Firenze dal Boboli