Saint Antoine


On m’avait dit « tu auras du mal à faire de belles photos » On m’avait dit » ce village n’en est pas un et ne ressemble à rien » Pourtant j’y ai trouvé des merveilles.
Je vous invite à regarder sur les côtés de la route qui traverse le village car Saint Antoine n’est pas juste une ligne droite entre la montagne et la mer, ce hameau a des charmes cachés qu’il faut savoir cueillir. Forcément bien des commerces ont fermé, et en bonne radoteuse je ne vous apprends rien en disant que c n’est plus comme avant! Je me souviens des glaces de chez Tantine qui n’était pas du tout la tante de tout le monde mais juste de quelques uns, et de nos jeux dans cette petite cour. Je n’ai pas connu le restaurant mais mes parents m’en ont parlé. Les témoignages du passé jonchent nos jardins, comme partout certains abandonnés et d’autres bien entretenus, et les maisonnettes fours bergeries caves et pressoirs sont encore visibles si on sait ou regarder. Le gros chêne sous lequel les anciens s’asseyaient pour parler est toujours là, plus de banc dessous mais l’arbre est toujours là. Certaines maisons ont disparu, chez Jeanne qui avait toujours un peu de chocolat à offrir à qui venait la voir il y aura bientôt une nouvelle petite chapelle. Entre chez Thomas et le Bar « Farniente » le fantôme de la maison ou vécût un de mes ancêtres remplit de son vide immense un espace surréaliste aux apparitions de cheminées suspendues, à une époque là je jouais souvent. Le long de la route il n’y a ni muret pour s’asseoir à l’ombre et si peu d’ombre de toute façon que de prime abord ce hameau semble irréel, comme un mirage sur la route. Pourtant ici les gens sont aussi réels qu’ailleurs et l’âme du village est là tapie derrière cette apparente réserve avec toute la gentillesse des personnes qui y vivent, il suffit de les connaitre eux aussi et d’aller à leur rencontre.
Voilà les photos, certaines sont de la semaine dernière d’autres ont quelques années.
Avec toute mon affection et de chaleureuses pensées pour ces chers disparus qui ont construit notre village.
#ghisonaccia #ghisoni #saintantoine
Cliquer dans le lien pour accéder à la vidéo FB
http://www.medusacorsica.com/2017/08/saint-antoine/

Pin fourchu


J’ai un mal fou à rédiger un article à ce propos c’est trop intime, ça peut sembler incongru de s’émouvoir de la mort d’un arbre pourtant … Aux pieds de cet arbre se trouvent les souvenirs de jeunesse de plusieurs générations, et il a dû voyager bien plus que chaque ghisonais sous sa forme de carte postale. Majestueux devant un paysage superbe il aura été le compagnon de bien des émotions. Aujourd’hui simplifié à sa forme parfaite et dépouillé de sa ramure, il est devenu une sculpture naturelle, témoin de ce que nous sommes: des passants.

Hiver à ghisonaccia

Besoin vital, existentiel même: une cure de soleil en Corse l’hiver pour profiter de longues balades sur le sable et se remplir les yeux d’horizon lumineux. Au loin les montagnes enneigées, au loin la ligne bleue entre la mer et le ciel, au loin les forêts vertes de pins, et au plus près les parfums de myrte et d’agrumes dont le fort cédrat et la douce clémentine. Convives joyeux de vos restes de pain dur, les ânes sont toujours prêts à se radiner au moindre bruit de sachet de papier! La star des balades en cette saison est sans aucun doute la plage. Le contraste est plus beau, sa lumière en hiver est incomparable à celle de l’été, plus claire plus lumineuse moins brûlante et surtout plus photogénique.

Ajaccio le Musée Fesh

Rodin

Ça faisait bien des lustres que j’avais envie d’aller au musée Fesch à Ajaccio, on m’avait parlé de la collection d’italiens dont un Botticelli qui valait bien le détour, et c’est maintenant chose faite. Mais il faudra y retourner car un étage entier était fermé, comble de malchance l’étage des italiens, heureusement le Botticelli était visible ailleurs. Mais alors quelle agréable surprise en arrivant de tomber par hasard sur l’expo temporaire « Bacchanales modernes » et découvrir en toute intimité des sculptures superbes dont plusieurs Rodin et quelques belles affiches de Mucha entre autres. Je n’ai pas tout photographié ni tout noté, j’ai savouré admiré et goûté des yeux le talent audacieux et charnel des oeuvres. L’excuse de la sortie au musée nous a aussi porté au parc A Cupulatta voir des tortues, et piquer une tête dans les eaux limpides de la mer sur la route des sanguinaires. Le centre de la vieille ville est plein de charme, et on en a profité pour faire un tour chez « Empires » craquer pour du Fashion local indispensable, et acheter chez un disquaire l dernier « JC Papi » qui est une pure merveille. Ajaccio, la belle on se reverra…

Les oubliés du tri

Les oubliés du tri, oeuvre recyclable

Un peu d’écologie un peu de civisme une grande inquiétude et une petite goutte d’espoir sont à l’origine de cette œuvre provisoire: Les oubliés du tri. Depuis quelques années maintenant que je sais que personne ne trie nos poubelles ni ne les détruit, légende urbaine qui consiste à imaginer des elfes de maison dans les décharges, je suis scandalisée de savoir que toutes nos poubelles non triées finissent dans un volcan gigantesque à proximité de mon domicile, c’est à dire au cœur même de mon paradis terrestre.
Après plusieurs crises des déchets dans l’île et plusieurs discours politiques, je vois les chiffres du tri et mon « coming out of trash » n’est plus seulement lié au fait de la décharge, mais au fait que personne ou quasi ne semble en avoir quelque chose à foutre, ça bouge mais si lentement que c’est à peine une brise quand on attend un ouragan de civisme. Sous prétexte qu’un incinérateur ça pollue, on pollue la terre l’eau la mer et même la qualité de l’air en alimentant par 45 000 Tonnes/an ce volcan putride au cœur de notre belle plaine. Par grand vent, les plastiques volent et jonchent nos bords de route comme des fleurs artificielles brillantes et laides dans les ronces fruités. Mon grand père me disait qu’ici tout pousse, on a la meilleure terre qui soit et l’ensoleillement idéal pour tout ce qui est bon. Faut sortir les cailloux de la terre pour faire les murets avant de planter mais c’est le paradis, je le revois encore beau et fier de sa propriété cernée de galets de fleuve arguant que tout ce qui est corse est meilleur. Mais qu’avons nous fait! Comment avons nous permis une telle aberration! Pardonne nous O Babbo! Alors je sais que la Corse bouge et ce surtout depuis décembre, et j’appelle de tous mes vœux la réussite de ces changements fondamentaux, je vais même être patiente et avoir foi en mes compatriotes. On m’a promis bientôt des bacs de tri plus proches des maisons et c’est bien surtout pour les personnes fragiles ou les récalcitrantes et tout ce qui été fait depuis peu est un grand pas pour rattraper l’immense retard. Mais ne nous trompons pas de direction, le tri doit être exhaustif et proposer un ramassage séparé de tous les plastiques d’un côté et des papiers et cartons de l’autre. Actuellement les emballages sont re-triés après nous, franchement on nous croit pas capables de faire la différence entre un tetrapak et un flacon de gel douche? Dommage car ne récupérer que les emballages d’une catégorie impose d’enfouir l’ensemble des sachets souples à usage unique qui vous en conviendrez sont omniprésents dans chaque confection industrielle, et constituent par conséquent un volume bien supérieur à tout le reste. Absurde exemple: une éco-rechage est un sachet souple qui n’est pas recyclé alors que le flacon l’est. Dans ma famille ces sachets de plastique repartent dans une « valise » en fin de séjour en Corse car en Italie ou nous vivons l’hiver on les recycle, valise poubelle de la diaspora avec cette été une belle robe très classe en prime.
Alors si on est capables de trier et on l’est, qu’ils ramassent et recyclent tout et pas seulement ce qui les arrange, y compris les encombrants les branchages et le compost, que l’on cesse enfin de trouver des décharges sauvages et de nourrir ce volcan purulent ce furoncle dans notre si belle plaine du Fium’Orbu. Car non dans le Fium’Orbu on n’est pas des fous, on n’est pas des résidus de pallu ni des sauvages, on n’est pas des rebuts des montagnes et des villes, on n’est pas faits pour encaisser les ordures, on est nous aussi en droit d’avoir un paysage de carte postale et des plages propres, en droit de refuser le béton et d’exiger des platanes et des murets, en droit d’avoir un maquis qui sent l’immortelle et non pas la poubelle, en droit de dire non à ces tonnes d’immondices et d’obliger tout le monde à trier. Quand à ces sachets recyclables non récoltés il va falloir trouver une solution, soit on les recycle soit on n’en achète plus. Parce que franchement cette œuvre d’art, bien que faite en sachets lavés vous pensez bien que j’avais prévu le coup, elle commence vraiment à sentir mauvais.

Les oubliés du tri ou les matériaux de l’absurde.
Video online

Parfums d’hiver cuits avec beaucoup de sucre

plage de Ghisonaccia un matin d'hiver

Le soleil du matin sur la plage, moment précieux quand on est ébloui après avoir passé sous les pins et les arbousiers, quand les parfums iodés et chaleureux de la mer en hiver envahissent nos sens. Les parfums de saison ne sont pas qu’immatériels, le myrte et le pamplemousse unis dans une même confiture titillent les papilles autant que le nez. Les petites baies sombres … suite

Keep Calm and Go to Corsica

Keep Calm and Go to Corsica

Une grande et belle période de pause ouvre ses portes sur l’été et ses activités en extérieur. Mis à part un article prévu pour clore le semestre avec le groupe AFC pour un challenge très sympa dans le ton de l’été qui arrive, je n’ai pas du tout l’intention de m’enchaîner à l’atelier de perles donc ça va carburer au ralenti. Je vais plutôt m’enchainer à à tous mes autres projets sous la chaude protection de Saint Antoine, esprit malin et parfumé de menthe sauvage qui perd dans le maquis foisonnant ceux qui ont toujours trop de choses à faire et si peu de temps sur terre. Rêvasserie …

atelier de céramique de l’ altu taravu en corse


Il était une fois, une cruche cassée. On a tous un jour cassé de la vaisselle. Que ce soit pour faire passer un message en rapport ou pas avec la notion de vaisselle ou que ce soit par inadvertance, le résultat est le même: il faut la remplacer. J’avais donc une belle cruche en grès que ma mère m’avait offerte à Taravu chez le potier