Village de Rosse à Ghisoni

Ghisoni Rosse 20227 Photo argentique +/- 1995
Ghisoni Rosse 20227 Photo argentique +/- 1995 je ne sais plus.

C’est à la recherche d’un vieux dessin à encadrer que je suis tombée sur cette vieille photo, image en noir et blanc que j’ai faite à une époque ou même le Polaroïd était pourtant déjà dépassé. Ah, quand j’étais jeune je faisais des balades dans des endroits ou il n’y a rien à voir que des ruines et des animaux errants. Ah, quand j’étais jeune je faisais des photos, maintenant je iPad c’est plus branché et immédiat mais… Dans la chambre noire, je me rappelle l’attente angoissée de voir apparaître l’image comme un fantôme qui se précise dans le bac à révélateur, qu’elle ne fonce pas assez ou quelle fonce trop. Elle me plaît toujours autant pour avoir envie de la montrer aujourd’hui, avec beaucoup de recul. Le matériel est toujours là, et l’envie attend enfouie dans le passé. Si maman m’avait appris à peindre, c’était Papa qui m’avait enseigné la photo, aujourd’hui ces enseignements sont si loin pourtant je me demande si j’ai progressé, si tout ce qui s’est passé après a eu raison de l’envie ou a eu raison de ma curiosité ou au contraire servi à avancer.

Samedi la nuit ou les week ends chez Papa

Après le divorce de mes parents, mon père ne s’est pas remarié de suite, et les week-ends chez lui à cette époque sont chargés de souvenirs extravagants.
Entre les nouilles trop cuites, la chair à saucisses en guise de steak haché qui n’arrive pas à cuire à la poêle sans comprendre pourquoi, les repas étaient assez bizarres. Puis, il avait instauré un tour de cuisine, chacun de ses trois enfants avait un repas à gérer. Je ne me souviens pas de ce que faisaient les deux autres, je me rappelle seulement qu’il y avait toujours du poulet frites, des steaks hachés( dans du boeuf), et des escalopes de veau à la crème. Le même rituel se reproduisait un week-end sur deux. Les escalopes, c’était moi! Dans la crème, des chips écrasées avec des échalotes.

Le meilleur pour moi de cette époque, sont les samedis soirs, enfermés dans la cuisine, les odeurs de nourriture couvertes par les odeurs de chimie. Le révélateur ne sent pas trop fort, le pire émane du bain d’arrêt. Le matériel est rudimentaire, je dis « est » et non pas « était », car je l’ai toujours. Un agrandisseur, des bacs, et un tic tac. Nous restions des heures dans ces parfums acides, une grande partie de la nuit, mon père me contaminait de photo. Nous comptions les secondes sur le ballon d’une otarie qui tournait en grand bruit, et attendions gourmands, les yeux rivés sur le papier, de voir apparaître les images.

Voici une photo, faite aux environs de 1993, j’avais à l’époque un job rue du pont neuf, et l’habitude de déjeuner d’un casse-croûte sur le chemin vers le centre Georges Pompidou. J’avais pris un abonnement, pour pouvoir y aller tous les midis faire ma pause, et ai pris cette photo depuis le haut du bâtiment.
Même si on voit quelques traces de pinces laissées par mon manque de pratique du développement, j’aime le grain de cette photo, et son cadrage.

Vue depuis le 5ème étage de Beaubourg: les toits de Paris, photo argentique
Vue depuis le 5ème étage de Beaubourg: les toits de Paris, photo argentique