Francesca work in progress

Francesca ritratto prove di misure
Francesca creta ritrattistica 10 novembre

Après avoir réalisé le portrait de mon fils en classe à Florence l’an dernier j’avais promis à ma fille de l’y sculpter elle aussi, à cause du lockdown la leçon de portrait cette année se fait à la maison. On se rattrapera, quand on ira à Florence on ira trainer aux Offices et aussi en ville et on mangera des pizzas et des glaces ensemble, bientôt j’espère. Certaines séances sont en « live » avec le « maestro » en video qui observe mon travail et me donne des conseils. Et quand on est tous en train de travailler à l’écran, l’image de la classe forme une mosaïque de têtes en terre avec des humains qui les travaillent chacun la sienne dans son carré, dans un des carrés le prof nous parle chacun à son tour, c’est cruel mais sympathique. Voici la toute dernière séance de ce lundi 16 novembre qui s’est terminée par un « Mets donc un fruit sur le chignon qu’on puisse voir ce que ça donne … ». Ce qui me plait dans cette image c’est qu’il y a ma fille dans une version « Promethéenne » comme si après l’avoir faite de mon sang je la fabrique maintenant en terre, couronnée de l’esprit visuellement joueur de mon professeur à travers ce fruit en équilibre. Beaucoup d’enseignement aujourd’hui. Cette figure fait partie d’une composition future dont je vous invite à suivre la progression, en attendant je vous laisse avec cette version « à la grenade »

Francesca ritrattistica creta non finito 16 novembre « prova col melograno »
Francesca ritratto non finito 16 nov 2020 « prova col melograno »
Francesca in creta « prova col melograno » a colori

20 novembre ajout des oreilles et augmentation du chignon.

20/11/2020 Francesca ritratto work in progress
20/11/2020 Francesca ritratto work in progress
23 novembre prova con la conchiglia

23 novembre fabrication du coquillage et essai de mise en place de la composition future. Francesca qui écoute la mer dans le coquillage l’esprit en voyage vers nos lointains rivages .

Manifesto

Projetée pendant le lockdown COVID19 pour le cours de sculpture online, cette figure est la manifestation de l’état de mon âme quand je ne peux ni faire ni aller ni décider.
L’absence de membre et de la tête laisse suggère une ruine retrouvée partielle dans un chantier archéologique, comme si nos libertés y étaient enfouies le temps du passage de virus qui aurait eu l’effet d’une tornade dévastatrice. Les fissures dans la terre de ce corps signent la fragilité de nos libertés la fragilité de la vie même:
« rendre visible la blessure intérieure de l’âme ».
Le vide intérieur fait place au souffle d’espérance qui nous anime.
Dans ce projet je fais référence aux manifestants qui écrivent le slogan sur leur propre corps pour attirer l’attention, les blessures les cassures de la sculptures représentent dans ce cas les coups portés ou la censure.
Une autre référence est celle à la Venus de Milo, dont je reprends la posture dans une forme libérée et plus charnelle. Le message dans cette ressemblance est celui de l’image que l’on nous impose comme modèle, image cassée brisée fendue car ce qui compte c’est ce qu’il y a à l’intérieur et nous ne sommes décidément pas faites toutes dans le même moule.
Mon cri à travers ce manifeste est limpide, il devait juste prendre forme. J’ai donc présenté ce projet dessiné avec le « bozzetto » pour les examens de passage avec les relations des précédentes sculptures que vous avez pu voir ici au cours du premier semestre et qui sont publiés dans cette rubrique de blog dédiée à l’Accademia.
Dans cet article j’ai publié plusieurs croquis de base jusqu’au dessin complet du concept et les photos de la réalisation du modèle en argile. La sculpture de taille humaine n’est pas faite et l’idée demeure sous forme de « bozzetto » c’est à dire de projet dont la partie en argile est à cuire pour ne pas la perdre. En début d’année j’avais commencé à projeter une version de l’albatros dont le « bozzetto » est fait, projet remplacé par celui ci plus urgent à explorer, plus necessaire.
À l’approche de la rentrée alors que nous pouvons enfin espérer retrouver les atelier et relever de nouveaux défis j’ai une pensée pour ceux qui n’ont pas eu autant de chance et je continue mon chemin.

essai solitaire